19.02.2016

Coucher de soleil à Sainte-Barbe

Coucher de soleil à Sainte-Barbe

Notre région regorge de coins secrets. Ces lieux sauvegardés où la contemplation suffit à se sentir bien. Chez 64, nous vous avons sélectionné quelques lieux privilégiés que nous vous ferons découvrir dans les semaines à venir.

 

Aujourd’hui, nous vous emmenons dans la baie de Saint-Jean-de-Luz. Certes, ce n’est pas exactement un coin secret ; tout amoureux du pays basque connaît la promenade qui l’emmène du Fort de Socoa à la colline de Sainte-Barbe. Mais savez-vous où vous arrêter ; où contempler ?

 

Suivez-nous. Quittez la ville, laissez derrière vous le parking, la voiture et les rues piétonnes. Prenez de la hauteur et venez vous égarer à la pointe de Sainte-Barbe. Le panorama est magique, entre mer et montagne. Vous pourriez vous arrêter là tant ce paysage suffit au bien-être. Mais continuez un bout de chemin avec nous. Prenez le sentier côtier, risquez quelques pas mesurés face à la mer. Arrêtez-vous. Elle est juste là, à vos pieds. Elle balance son va-et-vient vers vous, vers la falaise, dans cette danse qui appelle les surfers et autres amoureux des vagues. Respirez. Gorgez-vous du souffle du large. Puis reprenez votre marche vers le Nord.

 

Longez tranquillement la falaise, les arbres marins battus par les vents, la barrière de bois asséchée par le sel. Marchez jusqu’à sortir de l’espace gazonné. Engagez-vous sur le chemin côtier quelques mètres encore et arrêtez-vous là. Là où les autres ne font que passer parce qu’il y a, sur votre gauche, ce blockhaus. Vestige d’une guerre qui met mal à l’aise, il rappelle que la colline ne fut pas toujours si douce. C’est ainsi. Osez vous approcher, piétinez le vieux béton, et là, tournez-vous sur votre gauche. Complètement. Regardez. Enfin vous y êtes. A l’endroit parfait.

 

Il est dix-huit heures ; nous sommes au mois de février. L’air est si clair ; la lumière si pure. Le soleil disparaît derrière Bordagain ; ses villas blanches vont s’endormir dans la verdure. Les mouettes s’amusent dans le ciel mauve. Et il est là. A distance idéale, mutin dans l’ombre du soir : le fort de Socoa. Défendant la baie de sa ronde stature, il devient linéaire dans la digue qui le prolonge et l’amène à l’océan. Solide et facétieux, il casse les vagues tempétueuses, s’en amuse et s’habille de l’écume qui le recouvre. Dans un autre temps, il servait à protéger la baie des invasions espagnoles. Aujourd’hui, il préfère se jouer de l’océan. Dans son dos, le Resquibel s’endort. Plus tard, cet été, c’est lui qui amènera le brouillarta vers le fort et plongera la baie, l’espace de quelques soirs dans la brume et l’agitation. Certainement que dans ces instants de doute, le fort s’amusera de la tête de ceux qui, surpris, craindront la tempête. Mais pour l’instant, le fort de Socoa est consciencieux : il protège le passage d’un bateau de pêcheurs vers le grand large. Celui-ci passera la nuit dehors. Le fort semble l’abriter de son regard. Le temps d’une longue respiration. L’embarcation a passé la jetée, le soleil a complètement disparu, et le ciel perd ses couleurs du soir. Les mouettes s’en sont allées elles aussi. L’instant a passé. Le fort peut se rendormir et vous, retrouver votre maison. Ou continuer la promenade. Avec 64.

 

texte : L. Guilbert

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